Paul Eluard site officiel2020-01-31T17:35:23+01:00

Pablo Picasso Paul Eluard Une Amitié Sublime

Exposition au Musée Picasso de Barcelone

L’Exposition de Barcelone, ouverte le 6 novembre 2019, se propose de ressusciter dans le foisonnement des échanges (plus de 200 œuvres graphiques, manuscrites, picturales, photographiques, filmiques y sont présentées) et le rappel des convulsions de l’époque, les traces vivantes de l’amitié sublime qui a lié, des années trente à la fin de l’année 1952, le peintre Pablo Picasso et le poète Paul Eluard.

Par une très belle et très sobre orchestration de documents de première main, elle recompose le milieu vital d’une relation exceptionnelle et rend compte d’une passion poétique, souffrance et félicité, indissociable du vécu.

Car pour Eluard comme pour Picasso, créer c’est se créer, et dans la relation à l’autre se créer mutuellement.

A lire l’article de Harry Bellet publié dans Le Monde du 28 décembre 2019 : Entre Eluard et son “frère” Picasso, une amitié profonde.

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informations pratiques pour se rendre à l’exposition.

Carrer de Montcada 15-23. Barcelona.

Tout ou partie des oeuvres seront présentées, sous réserve, lors de l’exposition prévue au Musée d’art et d’histoire Paul Eluard de Saint-Denis et au Musée Picasso de Paris, au printemps 2020.

Les actualités

Correspondance inédite

André Breton, Paul Eluard, Correspondance, 1919-1938.

Présentée et éditée par Étienne-Alain Hubert. Gallimard, Collection Blanche, 2019, 464 p., index, illustrations.

Cette correspondance inédite fait revivre vingt ans de l’histoire de Dada et du surréalisme au fil des échanges entre deux acteurs majeurs. Des noms d’écrivains — Tzara, Aragon, Crevel, Char, Péret et d’autres — traversent ces pages, ainsi que ceux de peintres, Max Ernst et surtout Dalí. On y voit l’histoire des revues s’enrichir de nouveaux épisodes.

L’auteur de Capitale de la douleur et de L’Amour la poésie a donné à la poésie surréaliste son plus pur éclat. Voilée plus tard par lui-même, la participation d’Eluard aux côtés de Breton à la vie palpitante du mouvement se révèle primordiale. Les enthousiasmes alternent avec les aveux de détresse absolue dans le dialogue de deux êtres réunis par une amitié sans réserve.

Relation dont l’un et l’autre mesureront rétrospectivement le caractère exceptionnel. « J’ai cru, comme en aucun autre, à ton amitié, à ta compréhension profonde de ce que nous voulions », écrit Breton à Eluard en mars 1936. À partir de cette année, les engagements révolutionnaires dictés au départ par la même et intransigeante passion les conduisent peu à peu vers des choix opposés. Rejoignant une aspiration de jeunesse vers la fraternité humaine, Eluard va en chercher l’incarnation du côté du Parti communiste auquel il adhérera pendant la guerre alors que les yeux de Breton se seront définitivement dessillés lors du premier Procès de Moscou. Sous nos yeux, la correspondance se fait la chronique d’une rupture.

André Breton, Paul Eluard, Correspondance, 1919-1938.
Présentée et éditée par Étienne-Alain Hubert.
Gallimard, Collection Blanche, 2019, 464 p., index, illustrations.

A lire l’article de Thierry Clermont publié dans “Le Figaro” du 16 janvier 2020.

Réédition

Facile : Fac-similé. Paul Eluard, Man Ray

FACILE : Un Art d’aimer lumineux

Contributeur Nicole Boulestreau

Le 22 juin 1935, Man Ray écrivait à Paul Eluard « Voilà deux jours que je suis enfermé dans le laboratoire avec tes poèmes-le travail a marché sans difficulté parce que j’étais vraiment entrainé dans l’esprit de tes images. J’espère que tu trouverais mes photos dignes. Ils seront toutes prêtes Lundi, et si tu peux venir dans l’après midi les chercher et porter chez l’éditeur ». Le photographe accédait ainsi au vœu de Paul Eluard de créer avec lui un livre de poèmes, intitulé Facile célébrant des nus de Nusch, sa seconde femme. Quatre des cinq poèmes à elle adressés avaient été écrits en janvier–février dans les paysages enneigés de Davos où il soignait une rechute de sa tuberculose. Son projet ne manqua pas de choquer. Ce « photopoème » introduisait, en place des moyens classiques de l’impression, le medium de la lumière matérialisée sur un support photosensible. Aux portraits, aux nus gravés ou lithographiés se substituait la trace lumineuse d’un corps exposé.

La beauté et l’unité du livre qui fut réalisé en quelques mois sont le fruit de l’exceptionnelle connivence entre ses co-auteurs, le poète Eluard « aimant l’amour », compagnon de l’aventure surréaliste, Man Ray « l’Homme Lumière » ainsi que s’était nommé Emmanuel Radnitsky, arrivé à Paris de New York en 1921, et Guy Lévis Mano, typographe parisien.

En 1934 Man Ray, déjà célèbre pour ses inventions, ses portraits et ses photos de mode dans les magazines, avait pour la première fois rendu accessible au grand public sous le titre « l’âge de la lumière » les procédés de son œuvre photographique : ses rayographies, solarisations, surimpressions. Technicien virtuose, « photométreur » hors pair, il rappelait que ses images « résidus oxydés d’organismes vivants » étaient toujours nées d’un contact émotionnel avec le sujet et relevaient d’une expérience poétique.

Avec sa première Minerve à pédales, presse encore très artisanale, Guy Levis Mano, poète, typographe, libraire et imprimeur avait déjà réalisé des livres immédiatement remarqués par les hommes de l’art. C’est à lui qu’est revenue l’exécution du projet de « Facile » en septembre-octobre 1935. Antoine Coron, directeur honoraire de la Réserve des livres rares à la Bibliothèque Nationale de France, décrit ainsi son travail : « Il s’agissait de composer et d’imprimer les poèmes aux endroits prévus par la maquette, donc au centre des pages ou plus à gauche, parfois même presque au bord. Il n’avait pas à s’adapter aux photographies, celles-ci avaient été choisies, découpées par Man Ray ». Son grand art fut, grâce au léger scintillement de sa lettre (un bodoni corps 10) sur la page blanche, d’accorder ses formations typographiques à la texture et aux contours de l’image des photographies au point que parfois les lignes du poème sont comme aimantées par ces contours. Encore fallait-il, selon Antoine Coron, que l’héliograveur traduise aussi bien les nuances subtiles des dégradés de gris du cliché original que ses noirs profonds et crée le fin continuum des pages. Adrien Breger fut ce « maître imprimeur » parisien qui assura la finition parfaite de l’ouvrage.

Il faut rappeler au lecteur, attiré d’abord par les créations de Man Ray, les poèmes qui les ont inspirées. Le livre enchâsse entre l’inaugural « Tu te lèves », et le final « Nous avons fait la nuit » deux longs poèmes « L’entente » et « A la fin de l’année » suivis d’une sorte de cantate en octosyllabes « Facile est bien ». Tous ces poèmes, incantations, voire litanies amoureuses sont ponctués de discrets rappels biographiques, le hasard de la rencontre des amants/sur cette place absurde tu n’es pas plus seule qu’une feuille dans un arbre/le fou plaisir d’errer dans les rues et les paysages irrigués par la beauté du « toi », le monde des semblables traversé par la sève du « nous », jusqu’à l’arrêt dans l’abri de l’ici, la pension d’accueil de Davos où se sont écrits les poèmes et où s’est arrêtée l’idée du livre : /Facile est bien/ qui supposait l’acquiescement de Nusch au projet /Tu te livres à toi-même/pour te livrer aux autres./

La lumière des photographies, vues toujours partielles d’un corps et d’un visage, dégage comme un toucher, un voile caressant : la nue des mots du poème /nue dans l’ombre et nue éblouie/ conjuguée avec les éléments, eau, air, feu et terre, et la ligne serpentine du corps. Man Ray a placé en bandeau du poème « L’Entente » une photographie de deux gants attouchés de Paul et de Nusch qu’il leur avait offerte pour l’anniversaire de leur rencontre qui eut lieu le 21 mai 1930 : rappel tactile de la magie surréaliste, des mains qui touchent aux mêmes choses mais ne sont montrées qu’à la dernière page, parées de bijoux. Paul Bonet en a repris le motif dans sa magnifique reliure. Au rythme des pages, toute idée de possession interdite, la question éluardienne de la multiplication et de la ressemblance passe et repasse dans l’étonnante variation des angles de vue, des poses, des ombres et des lumières.

On a pu à sa sortie en 1935 comparer Facile à un « Livre d’heures ». Le poème d’ouverture est un poème du matin. « Tu te lèves l’eau se déplie ». « Tu » sort du sommeil comme la déesse s’élance de l’eau, comme son double lumineux nait du bain de la révélation photographique.

Le dernier poème est un poème de la nuit, écrit lumineusement sur champ obscur (Mallarmé) que la déesse de la Nuit tient sous sa cuisse comme la Nuit rêveuse de Michel Ange tient la chouette de Minerve. Mais la déesse de Man Ray est d’une nudité plus érotique, comme parée par Baudelaire de ses seuls bijoux sonores.

Le livre imprimé Facile est un joyau de l’art typographique. Sa poésie photographique et filmique toute en coupes et fondus enchaînés en fait un livre de « L’âge de la lumière » : un nouvel Art d’aimer dans un présent toujours nouveau, où la fuite du temps a fait place à la merveille de l’inconnue.

Nicole Boulestreau.

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Liens à consulter

Capitale de la douleur www.doucet-litterature.org

Mélusine

alderan philosophie Conférences philosophiques Hans Leymarin sur Paul Eluard

CERCC Centre d'études et de recherches comparées sur la création Journée Paul Eluard Conférences ENS Lyon



Maison de Paul Eluard

Restauration de la maison de Paul Eluard à Saint-Brice-sous-Forêt

Lancement d’une souscription publique

La maison de Paul Eluard, l’un des principaux lieux de mémoire du Dadaïsme et du Surréalisme

Démobilisé en 1919, Paul Eluard, de santé fragile, s’installe en 1920 à Saint-Brice, avec sa femme Gala et leur fille Cécile, en tant que locataire...

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