Paul Eluard | 1895 – 1952

Chronologie

1895

14 décembre : naissance à Saint-Denis d’Eugène-Emile-Paul Grindel. La famille, d’origine très modeste, connaîtra l’aisance lorsque le père, Clément Grindel, comptable, se mettra à son compte et se lancera dans le commerce de l’immobilier.

Celui qui ne s’appelle pas encore Paul Eluard suit les cours de l’école communale d’Aulnay-sous-Bois, après avoir fréquenté celle de sa ville natale. Enfance heureuse entre des parents aimants.

1908

Ses parents s’installent à Paris, 43, rue Louis Blanc, près du boulevard de la Chapelle. Leur fils est inscrit à l’école communale du 63, rue de Clignancourt, Paris 18.

1909

Eluard entre comme boursier à l’École municipale supérieure Colbert, 27, rue Château-Landon. Ni André Breton ni Paul Eluard n’auront fréquenté le lycée ; ils auront reçu un enseignement sans langues anciennes, orienté vers la vie pratique et les sciences. Eluard semble avoir été retardé par sa mauvaise santé dans ses études.

1912

Eluard est contraint d’interrompre ses études après avoir passé le brevet élémentaire.

Décembre : il est hospitalisé au sanatorium de Clavadel, près de Davos, en Suisse, où il restera jusqu’en février 1914 et qu’il retrouvera sans gaieté vingt ans plus tard. C’est là qu’il rencontre une jeune Russe, Helena Dimitrievna Diakonova, dite Gala, qu’il considère bientôt comme sa fiancée et épousera en 1917.

1913

Retour en France. Début d’une longue amitié avec A. J. Gonon (1877-1946), de tendances anarchistes, libraire et surtout relieur. Il s’est d’abord établi à Montmartre, où il a été proche des hôtes du Bateau-Lavoir. Ses reliures connaîtront une réputation méritée.

Sous son nom Paul-Eugène Grindel, Eluard publie à la Nouvelle Édition française (Paris et Lyon) et à compte d’auteur Premiers Poèmes.

1914

En janvier, il fait paraître le poème « Le Fou parle » dans la revue aixoise Le Feu.

Son deuxième recueil, Dialogues des Inutiles (Paris, « Les Œuvres nouvelles ») paraît également sous son nom patronymique. Eluard détruira par la suite la presque totalité des exemplaires de cette plaquette et fera subir le même sort aux exemplaires qu’il possédait encore des Premiers Poèmes ; ces œuvres de jeunesse, jamais réimprimées, resteront à peu près ignorées. Le livre qui sera publié en 1948 sous le titre Premiers poèmes 1913-1921 chez Mermod rejettera presque en totalité ces productions de jeunesse.

Février : Eluard quitte le sanatorium de Clavadel. Gala retourne en Russie ; elle ne pourra revenir que deux ans plus tard.

Août : déclaration de guerre. La classe 1915 à laquelle Eluard appartient est appelée par anticipation à partir du 15 décembre. Eluard, « bon pour le service », est mobilisé fin décembre.

1915

Affecté au 21e Régiment d’Infanterie coloniale, il est reversé à la 22e Section d’Infirmiers militaires et envoyé à l’Hôpital auxiliaire 88, Gentilly.

En mai, il est au Fort d’Ivry comme auxiliaire du vaguemestre. Son état de santé nécessite bientôt de longues hospitalisations, notamment à l’hôpital Cochin. Périodes d’ennui et de tristesse, que la lecture adoucit.

1916

En janvier et février, il est affecté à l’hôpital militaire Villemin, Paris ; en  mars et avril, à l’Hôpital auxiliaire 27, à Rosny-sur-Seine. Toujours des lectures (poésie, roman, presse de gauche). En mai, il connaît un élan religieux et fait sa communion, épisode sans lendemain.

En mai, un décret prescrit l’envoi des hommes de l’Auxiliaire dans la zone des armées.

Fin juin, Eluard est affecté comme infirmier à un hôpital d’évacuation (H.O.E. 18) se trouvant à une dizaine de kilomètres du Front. Toujours lecteur de la presse de gauche, bouleversé par le sort des victimes, il est partagé entre ses tendances pacifistes et son malaise de ne pas partager le quotidien des combattants. Il écrit à sa mère : « On a honte d’être ici tranquilles devant les soldats, les vrais. »

En août 1916, il polycopie à la gélatine, à 17 exemplaires, une plaquette de vers, Le Devoir, portant l’adresse « Secteur postal 200, HOE 18, Grindel ». Pour la première fois, il signe Paul Eluard, empruntant ce pseudonyme — qui lui permet de se dispenser de demander l’autorisation réglementaire — au nom de jeune fille de sa grand-mère maternelle. Il l’adresse à quelques proches.

Malgré de longues lettres suppliantes de Gala, revenue de Russie à la mi-septembre après un périple difficile, il demande sa mutation dans une unité d’infanterie du Front. En dépit d’une nouvelle hospitalisation à Beauvais vers le 20 novembre, il est affecté au 95e Régiment d’infanterie, qui combat alors dans la Somme. Il rejoint son corps le 28 décembre pour une courte période d’instruction. Installée 3 rue Ordener dans l’appartement des Grindel qui apportent leur aide financière au couple, Gala perfectionne son français et se plonge avidement dans la bibliothèque de Paul.

1917

Le 95e Régiment d’infanterie fait mouvement en janvier vers la région de Sainte-Menehould.

Le 21 février, ayant obtenu une permission de trois jours et comme il le désire depuis l’année précédente, Eluard épouse Gala à Paris ; bénédiction religieuse à la demande de Gala.

De retour au Front, il connaît en mars la vie des tranchées et les marches sous le feu, mais, dès le 20, il doit être évacué à l’Hôpital temporaire 78, Amiens, où Gala vient le visiter. Permission de convalescence dans le Gers. Retour au Front vers le 24 avril, mais une semaine plus tard, suite à une bronchite aiguë, il est envoyé à l’Hôpital complémentaire 35 à Paris-Plage.

Fin juin, une affectation dans l’Intendance se profile. Succession d’examens médicaux. Affectations dans l’Isère, puis au Fort-Montluc à Lyon, 14° Section de Commis et Ouvriers Militaires d’administration. Gala le rejoint quelque temps à Lyon avant de regagner Paris.

Le 31 juillet est achevée d’imprimer la plaquette Le Devoir et l’inquiétude suivi de Le Rire d’un autre, avec un bois de Deslignères, graveur réputé (Paris, Jules Gonon ; imprimerie de Léon Pichon). La publication est saluée dans les courriers littéraires des quotidiens.

1918

Eluard reste affecté à Lyon. En mars, suite aux bombardements sur la capitale, Gala, enceinte, et la grand-mère d’Eluard s’installent dans une maison appartenant à des cousins à Bray-et-Lû, aux confins de la Normandie.

Eluard les y rejoint pour la naissance de Cécile, le 11 mai. Dès cette époque et durant les années à venir, la petite fille sera souvent confiée par Gala à la grand-mère et à la mère de Paul.

Juillet : affecté à la Station Magasin de Mantes Gassicourt — ce qui le rapproche de Bray-et-Lû —, il fait imprimer sur une feuille volante bleue pliée en deux les Poèmes pour la Paix (Mantes, imprimerie du Petit Mantais), dont il envoie des exemplaires, selon ses propres termes « à toutes les personnes engagées dans – ou contre – la conduite de la guerre ».

Il publie des poèmes dans la revue de Grenoble Les Trois Roses et dans Les Cahiers idéalistes français. Poèmes pour la paix a attiré notamment l’attention de Jean Paulhan. Armistice : « C’est fini, ni, ni », écrit-t-il à son ami Gonon le 13 novembre.

1919

En janvier, il reste affecté à Mantes Gassicourt mais dispose plus facilement de permissions et s’adonne activement à l’écriture de poèmes. Il est nommé officier d’administration de 3e classe (sous-lieutenant).

Par l’entremise du peintre Ozenfant qu’il aurait connu, selon celui-ci, dès 1917, il se lie avec Jean Paulhan.

Début mars : c’est justement par Jean Paulhan qu’il fait la connaissance d’André Breton et, bientôt, des autres membres du groupe de la revue Littérature dont Breton, Aragon et Soupault font paraître le premier numéro fin mars.

En mai, le numéro 3 de Littérature accueille un poème d’Eluard, publication qui sera suivie de nombreuses autres jusqu’à la disparition de la revue en 1923.

Le 10 mai, Eluard envoie ce billet à Gonon : « démobilisé. Tra la la la la. ». Entièrement libéré des obligations militaires, il commence à travailler dans l’affaire de son père, marchand de biens. Il poursuivra longtemps cette activité en collaboration.

Juillet : après Breton, Eluard entre en correspondance avec Tristan Tzara, alors à Zürich, dont l’étrangeté des poèmes et le ton à la fois désespéré et orgueilleux des lettres exercent sur lui et ses amis un pouvoir de fascination.

D’octobre à décembre la revue Littérature publie Les Champs magnétiques, exercice d’« écriture sans sujet » auquel Breton et Soupault se sont livrés pendant quelques semaines fiévreuses, en quête du « minerai brut » de l’inconscient.

En décembre, Breton entre en rapport avec Picabia. Eluard devient un familier des réunions du groupe, dans les cafés ou chez les amis.

1920

Le 10 janvier est achevé d’imprimer Au Sans Pareil Les Animaux et leurs hommes. Les hommes et leurs animaux, avec des illustrations du peintre André Lhote, qu’Eluard a approché par Jean Paulhan. Importante préface de l’auteur.

Breton envoie à Eluard des « phrases » à destination de Proverbe, la feuille mensuelle qu’il projette de publier chaque mois « pour la justification des mots » et dans un esprit qui prolonge les interrogations sur le langage que son ami Jean Paulhan poursuit depuis longtemps.

Au début de la deuxième quinzaine de janvier, l’arrivée de Tzara, accueilli avec une ferveur enthousiaste par le groupe de Littérature, va marquer le début des nombreuses et bruyantes manifestations Dada, dont la presse se scandalise ou s’amuse.

1er février : premier numéro de la revue Proverbe qui en aura six : « Adresser tout ce qui concerne PROVERBE à M. Paul Eluard, 3 rue Ordener, Paris (XVIIIe). » Proverbe accueille Paulhan, Soupault, Tzara, Picabia, Breton, Aragon, Ribemont-Desssaignes, plus tard Benjamin Péret. Eluard collabore à plusieurs revues Dada, telles que Bulletin dada, Cannibale, ou la revue 391 de Picabia.

27 mars : soirée au théâtre de la Maison de l’Œuvre, rue de Clichy. Paul Eluard et Gala interprètent S’il vous plaît, comédie de Breton et Soupault. Quelques-uns de ses poèmes d’Exemples sont donnés en lecture.

Le 14 avril : Eluard participe à la manifestation devant Saint-Julien-le-Pauvre, distribuant des pochettes-surprise qu’il a confectionnées.

26 mai : Festival Dada à la salle Gaveau. Pour remplacer un participant défaillant et déguisé en femme pour incarner la Machine à coudre, personnage inspiré de Lautréamont, Eluard joue dans la pièce Vous m’oublierez, écrite par Breton et Soupault et présentée devant un public orageux. Il lit également des textes de Tzara.

Septembre : sous le titre Pour vivre ici, il donne onze haïs-kaïs à La Nouvelle revue française où ils trouvent place dans un ensemble réuni par Paulhan. Eluard est un participant régulier des réunions au café Certâ, Passage de l’Opéra, où l’on discute de Littérature et des manifestations Dada.

Octobre : pour des raisons de santé, les Eluard s’installent au nord de Paris, à Saint-Brice-sous-Forêt, dans une maison située dans la verdure. Ils y sont locataires.

1921

Le début de l’année est fertile en manifestations ; la plus marquante est le vernissage de Max Ernst. Exposition Dada à la librairie Au Sans Pareil (3 mai – 3 juin), pour laquelle Breton écrit une préface de portée essentielle. C’est la première fois que des collages de Max Ernst sont présentés à Paris. Ernst n’a pas eu l’autorisation de venir de Cologne à Paris. En voyage dans le Midi, les Eluard n’y sont pas présents.

1er juillet. Sortie de L’Invention n°1 et Proverbe n°6, portant toujours l’adresse de Paul Eluard. Y figure son poème « L’Invention » avec cette fin  saisissante : « Je n’ai jamais trouvé ce que j’écris dans ce que j’aime. » La « feuille » s’arrête sur ce dernier numéro.

En août, Tzara et son amie Maja Chrusecz, Ernst et sa femme ainsi que Hans Arp séjournent dans un hôtel à Tarrenz bei Imst, au Tyrol. Leurs amis parisiens sont invités à les rejoindre, ce que font André et Simone Breton, jeunes mariés, le 20 septembre. Mais Ernst et Tzara quittent Imst le 24 en raison de mésententes de ce dernier avec Breton.

Quand, déçus du départ de Tzara, Eluard et Gala arrivent à leur tour à Imst fin septembre via Munich et Vienne, ils voisinent quelques jours avec les Breton avant que ces derniers ne partent pour Vienne en octobre. Paul et Gala vont passer octobre au Tyrol : promenades, lectures.

Avant le retour à Saint-Brice-sous-Forêt, ils décident de faire un détour par Cologne pour faire la connaissance de Max Ernst et de sa femme. Le 1er novembre, ils partent pour Munich. Séjour à Cologne chez les Ernst du 4 au 10 novembre. « Amitié immédiate et durable », note Ernst dans sa notice biographique de 1959. Amorce d’une longue collaboration entre le poète et le peintre. Eluard et Ernst choisissent les collages destinés à illustrer son prochain recueil Répétitions.

1922

Répétitions, avec « dessins de Max Ernst », est achevé d’imprimer le 18 mars pour les éditions Au Sans Pareil, Paris. Le recueil s’ouvre significativement sur le poème « Max Ernst ». Eluard va à Cologne présenter le livre à Max Ernst. Occasion de lancer un projet de collaboration qui va se poursuivre par correspondance : le livre Les Malheurs des immortels se constitue au fil d’échanges créateurs.

Avril : Eluard collabore encore au Cœur à barbe, mais le groupe dadaïste s’effrite et la rupture avec Tzara s’avère définitive après l’échec du Congrès pour l’établissement et les directives de l’esprit moderne dont Breton avait eu l’idée au début de l’année.

Le 25 juin achevé d’imprimer du livre Les Malheurs des immortels révélé par Paul Eluard et Max Ernst, Paris, librairie Six.

Eluard et Gala passent l’été à Tarrenz bei Imst, Tyrol, en compagnie de Tzara et Maja Chrusecz, Max Ernst et sa femme, Hans Arp et Sophie Taeuber, Matthew Josephson, un ami américain qui est rédacteur de la revue Broom. Ernst vient bientôt habiter la maison louée par les Eluard pour se rapprocher de Gala.

Septembre : Max Ernst vient habiter chez Eluard et Gala à Saint-Brice. Sans moyens ni papiers officiels, il fait à l’occasion des travaux d’artisanat.

25 septembre : c’est la première des séances de sommeils hypnotiques que Breton va relater dans le no 6 de Littérature ; à la fin de l’année, certaines séances ont lieu à Saint-Brice. Elles se prolongeront jusqu’au début 1923 Eluard et Crevel se lient d’une amitié que, plus tard, leurs séjours communs en sanatorium conforteront.

André Breton se fait l’introducteur d’Eluard auprès de Jacques Doucet et inscrit son nom dans le programme d’achats qu’il établit le 16 octobre 1922 pour le mécène ; il lui recommande l’acquisition du manuscrit Répétitions, qui entrera bientôt dans la collection de Doucet.

Décembre : à Saint-Brice-sous-Forêt, Max Ernst peint la grande toile Au rendez-vous des amis, où figurent Eluard et Gala.

1923

Les jeux se poursuivent chez Breton, mais les séances de sommeils hypnotiques se font plus rares.

Les 7 et 8 mai, Breton et Eluard assistent aux dernières ventes Kahnweiler où ils font plusieurs achats.

Les tensions montent au sein du groupe de Littérature, les incidents se multipliant.

6 juillet : soirée du Cœur à barbe au théâtre Michel, dernière manifestation Dada à Paris. La représentation de la pièce Le Cœur à gaz de Tzara est perturbée par des interventions de Breton, d’Eluard et de quelques-uns de leurs amis. Elle se termine par un tumulte sur la scène mettant aux prises Tzara et Eluard. Des dégâts matériels ayant été commis, Tzara réclame par voie d’huissier des dédommagements à Eluard. L’affaire traînera.

Eluard continue d’être employé par son père dans ses affaires immobilières, mais sans grand plaisir. Gala et lui s’installent dans une nouvelle maison à Eaubonne, 4, avenue Hennocque, que Clément Grindel a achetée pour son fils non loin d’une propriété qu’il a acquise pour lui-même à Montlignon. Max Ernst va décorer l’intérieur de peintures murales. Le salon, les chambres, la salle de bains s’ornent d’immenses motifs végétaux et animaux, ainsi que de personnages fantasmatiques.

Le 10 novembre, Breton se rend avec des amis à Eaubonne. Il découvre les fresques de Max Ernst sans les apprécier.

1924

À Eaubonne, Eluard vit de plus en plus difficilement la liaison qui s’est établie entre Gala et Ernst et qu’il a pourtant acceptée. Il prépare un volume pour les Éditions de la Nouvelle Revue Française dans la collection « Une œuvre, un portrait ».

Le 24 mars, il disparaît brusquement, quittant amis et famille et emportant une forte somme d’argent ; seul son père a été prévenu par une lettre pneumatique d’un ton violent, lui enjoignant de ne lancer aucune recherche. Que son père donne comme prétexte au départ un séjour forcé en sanatorium, mais qu’il ait « les plus grands ménagements » pour Gala et pour Cécile. Celles-ci se retrouvent avec peu de ressources.

Breton, qui est le plus proche d’Eluard, est anéanti et craint le pire. La nouvelle de la disparition et de l’inquiétude de ses amis est diffusée dans la presse. Quelque temps après, on apprendra qu’il a embarqué à Marseille le 15 avril sur un cargo pour un voyage autour du monde, par les Antilles, Panama et l’Océanie. Il parlera plus tard de « voyage idiot ».

1924-Cecile-Gala-Max-Ernst

Au lendemain de son départ, en date du 25 mars a été achevée d’imprimer la plaquette Mourir de ne pas mourir qui s’ouvre sur cette dédicace imprimée : « Pour tout simplifier je dédie mon dernier livre à André Breton ». Portrait par Max Ernst en frontispice.

Le 12 mai, il envoie de Tahiti à Gala une lettre tendre l’invitant à le rejoindre.

3 juillet : vente d’une partie de la collection de tableaux d’Eluard.

Début octobre : Eluard, que Gala et Max Ernst ont rejoint en Asie, revient à Paris.

18 octobre : la publication collective Un cadavre bafoue Anatole France qui vient de mourir entouré d’hommages venant de tous bords, gauche et droite confondues. La contribution d’Eluard à Un cadavre est saisissante par l’intensité du ton, tour à tour insolent et lyrique. Ouverture du Bureau de recherches surréalistes.

Novembre : Breton publie le Manifeste du surréalisme.

1er décembre : premier numéro de La Révolution surréaliste. Une préface collective signée par Boiffard, Eluard, Vitrac, affirme : « Le rêve seul laisse à l’homme tous ses droits à la liberté ». Au sommaire, un poème d’Eluard : cette contribution est la première d’une longue série.

1925

Mars. Publication anonyme, sans noms d’auteur ni d’illustrateur, ni d’éditeur d’Au défaut du silence : des poèmes et des phrases d’Eluard se succèdent, accompagnés de dessins de Max Ernst figurant le visage de Gala multiplié (les textes seront partiellement intégrés à Capitale de la douleur). Tirage de 51 exemplaires. Philippe Soupault en rend compte, dans La Revue européenne du 1er avril : « … Voici quelques poèmes que je tiens pour les plus beaux que l’on ait écrit depuis Baudelaire ».

Vers avril, en collaboration avec Benjamin Péret, publication de 152 proverbes mis au goût du jour, La Révolution surréaliste, 1925.

9 mai. Un hommage collectif des surréalistes à Saint-Pol-Roux paraît dans Les Nouvelles littéraires. Eluard y participe avec un texte, « La Perfection de l’homme »

Le début de la guerre du Rif a suscité en avril un rapprochement des surréalistes avec les groupes des revues Clarté (tendances marxistes) et de Philosophies, plus éclectique. Ils signent ensemble un manifeste qui marque l’évolution vers l’engagement total et non seulement politique. C’est La Révolution d’abord et toujours, qui paraît en août sous forme d’un tract, tract qui sera reproduit dans l’Humanité du 21 septembre et en octobre dans le numéro 5 de La Révolution surréaliste. Eluard en a assumé la réalisation en l’absence de Breton. Échanges assidus avec ce dernier.

Fin juillet : voyage de Breton et d’Eluard à Bruxelles ; rencontre de Paul Nougé et de Camille Goemans, avec lesquels les relations se poursuivent par correspondance.

14 novembre : ouverture de l’exposition La Peinture surréaliste à la Galerie Pierre, 13, rue Bonaparte avec une préface de Breton et Desnos. Un Miró, Carnaval d’arlequin, est prêté par Eluard.

1926

10 mars : ouverture de l’Exposition Max Ernst à la Galerie Van Leer, 41 rue de Seine. Le catalogue contient des poèmes d’Eluard (« Dévoré par les plumes… »), Desnos et Péret. Plusieurs œuvres sont prêtées par Eluard.

26 mars : Ouverture de la Galerie surréaliste, 16 rue Jacques Callot, Paris, avec l’exposition Tableaux de Man Ray et objets des îles. La préface rassemble des citations, dont l’une d’Eluard. Parmi les objets d’Océanie mentionnés au catalogue, un grand nombre appartiennent à la collection d’Eluard.

En mai, le tract Protestation par lequel Aragon et Breton condamnent la participation de Max Ernst et de Miró aux Ballets russes suscite une vive désapprobation d’Eluard, dont les rapports avec Breton se ressentent. Eluard est contraint alors par sa mauvaise santé à faire un séjour de cure à Bagnères-de-Luchon.

Juin : Maurice Martin du Gard ayant ironisé sur Aragon dans Les Nouvelles littéraires, Aragon, Breton et Eluard font irruption dans les locaux de l’hebdomadaire.

8 septembre : Capitale de la douleur paraît chez Gallimard. Breton en a écrit le prière d’insérer.

À partir de septembre, les surréalistes s’interrogent sur l’adhésion au Parti communiste. Lors de la réunion du 23 novembre, les activités de chacun font l’objet d’un examen inquisitorial par les autres participants. Eluard : « Le Parti français n’est pas pour moi le paradis, j’y trouverai des sujets de dégoût. Mais je ferai ce que je pourrai. » Et il ajoute : « si j’adhère au P.C. je ne suis pas décidé à priori à renoncer au surréalisme ».

Le 27 novembre, le débat lui donne l’occasion de réaffirmer son attachement à Max Ernst mis en cause en mai ; la « confiance à Max Ernst » est votée à l’unanimité. Il intervient également en faveur de la « confiance absolue » à Paul Nougé. Toujours le 27 novembre, Aragon, Eluard et Max Morise signent une motion pour l’adhésion individuelle au Parti communiste. Eluard intervient à propos de Soupault qui, bien qu’il considère l’adhésion comme « la seule action révolutionnaire possible », va être exclu.

12 décembre : Achevé d’imprimer du livre Les Dessous d’une vie ou la Pyramide humaine aux éditions des Cahiers du Sud, Marseille. Le tirage comprend 12 exemplaires de tête enrichis d’un dessin original de Max Ernst.

1927

Janvier : Lautréamont envers et contre tout, tract signé d’Aragon, Breton et Eluard, dénonce l’édition des œuvres complètes de Lautréamont que vient de publier Soupault.

Mai : Au Grand Jour, brochure publiée par Aragon, Breton, Eluard, Péret, Unik, est une tentative argumentée de justifier leur adhésion au communisme devant un appareil de parti qui se montre réticent. De fait, ils cessent de participer aux réunions de cellules qu’ils jugent désolantes.

27 octobre : dans le tract « Permettez ! », les surréalistes protestent contre  la célébration officielle d’Arthur Rimbaud à Charleville.

1928

Mars : Eluard est hospitalisé au sanatorium d’Arosa. Il passera l’été et l’hiver en Suisse. À distance, il se tient informé de la vie du mouvement surréaliste, correspond avec ses amis, écrit et lit beaucoup.

1929

Au début mars, il quitte Arosa ; séjour à Berlin où a lieu une exposition Max Ernst. Pendant l’été, Eluard et Gala séjournent à Nice et à Cannes. Ils sont invités chez Dali à Cadaquès avec Camille Goemans et les Magritte. Pour la première fois, Gala rencontre Dali dont elle va bientôt partager la vie.

En août, Eluard doit regagner le sanatorium de Leysin en Suisse. Relations avec Crevel.

À l’automne, Eluard fait la connaissance de René Char. C’est le début d’une amitié qui, mise à part une période où Char paraît épouser l’offensive de Tzara contre sa collaboration et celle de Breton à Minotaure, ne se démentira pas.

Décembre : le Second manifeste du surréalisme paraît dans La Révolution surréaliste. Breton prononce l’exclusion du groupe surréaliste de Desnos, Baron, Leiris, Prévert, Queneau, Limbour, Masson, alors que de nouveaux venus lui apportent leur adhésion : Char, Dali, Hugnet, Sadoul, Thirion et Magritte. Eluard se tient aux côtés de Breton dans cette crise qui casse en deux le mouvement surréaliste.

1930

Janvier : parution d’Un cadavre, violent pamphlet contre Breton signé par les exclus du groupe.

Mai : Eluard rencontre Nusch, de son vrai nom Maria Benz.

Juillet : Le Surréalisme au service de la Révolution remplace La Révolution surréaliste.

Pendant l’été Eluard, Nusch et René Char séjournent à Cadaquès avec Dali et Gala.

Septembre : Aragon et Sadoul partent pour l’U.R.S.S. où ils sont invités à assister à la Deuxième Conférence internationale des écrivains révolutionnaires qui se tiendra à Kharkov en novembre. Bien qu’Aragon continue à se proclamer surréaliste, il a souscrit à une condamnation du surréalisme prononcée par le congrès. C’est le prélude à l’affaire Aragon.

28 octobre – 3 décembre : Projection au Studio 28 de l’Âge d’or de Buñuel et Dali. Le film sera interdit par la police le 11 décembre et donnera lieu à un tract collectif co-signé par Eluard.

24 novembre : L’Immaculée conception, en collaboration avec Breton paraît chez Corti.

1931

Mai : ouverture de l’Exposition coloniale. Eluard cosigne les tracts Ne visitez pas l’exposition coloniale et Premier bilan de l’exposition coloniale. En réplique à cette exposition officielle, Eluard, Aragon, Tanguy participeront à l’organisation d’une contre-exposition « La Vérité sur les colonies » qui aura lieu en septembre et à laquelle ils prêteront des objets de leur collection.

2 et 3 juillet : vente à l’hôtel Drouot (Me Alphonse Bellier) : Collection André Breton et Paul Eluard. Scupltures d’Afrique, d’Amérique, d’Océanie.

La plupart des surréalistes, dont Eluard, adhèrent à l’Association des Artistes et Écrivains Révolutionnaires, fondée par Paul-Vaillant Couturier.

Séparation d’Eluard et de Gala.

1932

16 janvier : Aragon est inculpé par les autorités françaises pour « démoralisation de l’armée et de la nation » à la suite de la publication de son poème Front rouge, paru l’année précédente dans la revue soviétique Littérature mondiale. Les surréalistes, non sans certaines réticences, prennent sa défense dans l’affaire Aragon et Breton dans Misère de la poésie. Aragon récuse ce soutien en raison des critiques contre le parti communiste qu’il décèle dans la brochure de Breton. Les poursuites, menées avec peu de conviction, sont abandonnées.

Mars : la rupture entre Aragon et les surréalistes devient définitive avec la publication du tract collectif Paillasse et du tract d’Eluard Certificat.

1933

Prise du pouvoir par Hitler. Les surréalistes commencent à avoir des rapports difficiles avec le parti communiste. Présents au Congrès Amsterdam-Pleyel de Henri Barbusse et Romain Rolland, ils n’en formulent pas moins des réserves sur son orientation et publient le tract La Mobilisation contre la guerre n’est pas la paix.

Eluard, plus vivement que Breton, abomine l’esprit sectaire de l’AÉAR.

Janvier : au salon des Surindépendants s’ouvre une exposition de groupe consacrée aux surréalistes et dont Kandinsky est invité d’honneur.

Juin : fondation de la revue Minotaure par Albert Skira et Teriade. Les surréalistes y collaboreront régulièrement à partir du n3, après que Le surréalisme au service de la Révolution eut cessé de paraître en mai. Dans le n3, Eluard présente sa collection de cartes postales.

Juillet : premier numéro de Commune, organe mensuel de l’Association des Artistes et Écrivains Révolutionnaires, dont Aragon et Nizan sont les rédacteurs en chef. À la fin de l’année, Eluard, Breton et Crevel sont exclus du parti communiste.

1934

Février : après la journée du 6 février, les surréalistes signent L’Appel à la lutte et rallient le Comité de vigilance des intellectuels contre le péril d’extrême droite.

Eluard, Breton, Péret, Char et d’autres surréalistes prennent la défense de Violette Nozières (condamnée à mort pour avoir empoisonné son père qui avait abusé d’elle) dans une plaquette de poèmes illustrée par Dali, Tanguy, Ernst, Magritte…

21 août : Eluard épouse Nusch.

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1935

Mars-avril : à l’occasion d’une exposition internationale du surréalisme qui s’ouvre à Prague, Eluard et Breton se rendent en Tchécoslovaquie où ils donnent des conférences. De vifs liens de confiance et d’amitié s’établissent notamment avec les écrivains Viteslav Nezval et Karel Teige, ainsi qu’avec le peintre Toyen.

Le premier Bulletin international du surréalisme, organe où s’exprimeront les différents groupes surréalistes étrangers, paraît à Prague.

Congrès de la culture.

19 juin : suicide de René Crevel.

20-25 juin : Congrès des écrivains pour la défense de la culture. À cause d’un violent incident entre Breton et le délégué soviétique Ilya Ehrenbourg, c’est Eluard qui représente Breton et lit son discours.

Août : Du temps que les surréalistes avaient raison, tract collectif relatif aux évènements des 24 et 25 juin. Les surréalistes n’en adhèrent pas moins au Comité de vigilance des intellectuels.

1936

Janvier : à l’occasion d’une rétrospective Picasso, Eluard se rend en Espagne pour une tournée de conférences. À Madrid, il rencontre Louis Parrot.

11 juin : une grande exposition internationale du surréalisme, organisée par Roland Penrose, s’ouvre à Londres. Eluard fait partie du comité français d’organisation.

24 juin : dans le cadre de cette exposition, il prononce une conférence, L’Évidence poétique, et le surlendemain donne une lecture de poèmes dont quelques-uns sont traduits par Samuel Beckett.

Juillet : coup de force franquiste. Lorca est assassiné le 19 août.

Eluard et Nusch passent leur vacances d’été avec Picasso, habitude qu’ils garderont jusqu’à la guerre.

17 décembre : Novembre 36, premier poème politique de « circonstance » d’Eluard, paraît dans L’Humanité, par l’intermédiaire de Louis Parrot.

1937

26 avril : bombardement de Guernica par l’aviation allemande. « La victoire de Guernica » paraîtra dans Cours naturel, 1938.

Octobre : dans le cadre de l’Exposition internationale, Eluard prononce une conférence, L’Avenir de la poésie, au théâtre des Champs-Élysées.

1938

Janvier-février : Exposition internationale du surréalisme à Paris, galerie des Beaux-Arts, organisée par Breton et Eluard. Le Dictionnaire abrégé du surréalisme tiendra lieu de catalogue.

Avril : publication de Solidarité, plaquette vendue au profit des combattants républicains espagnols.

Mai : le poème Les Vainqueurs d’hier périront dans Commune. Ce sera l’origine de la rupture entre Eluard et Breton dont les positions politiques à l’égard du communisme vont diverger, Breton se rapprochant de la ligne trotskyste : « … rien ne saurait, en profondeur, affecter autant le surréalisme que la rupture qui vient de se produire avec Eluard. » (A. Breton, Entretiens, 1952).

Juin : Eluard vend une partie de sa collection de tableaux à Roland Penrose.

1939

3 septembre : déclaration de guerre. Eluard est mobilisé comme lieutenant d’intendance à Mignères (Loiret).

1940

Juin : signature de l’armistice et début de l’occupation. Eluard, démobilisé, revient à Paris.

1941

Avril : parution du recueil Sur les pentes inférieures, dans lequel paraissent les premiers poèmes de résistance, avec une préface de Jean Paulhan (qui indique que l’auteur « porte la patience jusqu’à lui rendre ses chances »).

1942

Janvier : Eluard et Nusch entrent dans une semi-clandestinité et habitent chez Christian Zervos à Vézelay.
Dans La dernière nuit, publié clandestinement, Eluard précise son hostilité à l’occupant.

Avril : Poésie et Vérité 1942, où figure le poème Liberté, dont le succès, instantané, ne s’est pas démenti depuis, est publié aux éditions La Main à la Plume.

20 septembre : premier numéro clandestin des Lettres françaises qui deviendra l’organe du Comité national des écrivains créé au début de l’année par Jacques Decour et Jean Paulhan notamment.

Octobre : Eluard entre dans la clandestinité et trouve refuge chez le libraire Lucien Scheler.
Eluard est mis en relation par Édith Thomas avec Pierre de Lescure, fondateur avec Vercors, des Éditions de Minuit.

1943

Des centaines d’exemplaires d’une nouvelle édition de Poésie et vérité 1942, publiée par les Éditions de la Revue Fontaine à Alger, sont parachutés dans les maquis par la R.A.F.

Février : première réunion chez Édith Thomas du Comité national des écrivains de la zone Nord, Eluard faisant parti du comité directeur. Après des hésitations, il demande sa réinscription au parti communiste.

Mars : afin de renforcer le Comité National, jusqu’alors scindé en deux, en lui donnant une direction unique, Aragon, qui dirige celui de la zone Sud, décide de rencontrer Eluard à Paris.

Avril : première rencontre d’Eluard avec Vercors.

14 juillet : parution clandestine de L’Honneur des poètes aux Éditions de Minuit, première anthologie des poètes de la Résistance préparée par Eluard et Jean Lescure. Eluard, auteur de la préface, y publie, sous le pseudonyme de Maurice Hervent, plusieurs poèmes dont Chant nazi et Courage.

À la fin de l’année, Eluard et Nusch se réfugient pour quelques mois à l’hôpital psychiatrique de Saint Alban, en Lozère. Ce séjour lui inspirera un recueil, Souvenirs de la maison des fous, illustré de saisissants portraits par Gérard Vulliamy et publié en 1946.

1944

Février : Eluard revient à Paris préparer le tome II de L’honneur des poètes qui paraîtra en mai aux Éditions de Minuit.

Avril : plusieurs dimanches de suite, Eluard, en compagnie d’Aragon et Jean Lescure, enregistre des disques clandestins à la Radio.

Juin : Eluard et Louis Parrot fondent L’Éternelle revue, avec deux numéros clandestins en juin et juillet ; dès la libération de Paris, elle reparaît au grand jour et se poursuit jusqu’en septembre 1945.

25 août : libération de Paris.

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1945

Dans L’Humanité du 5 octobre 1944 et sous le titre « Promesse  inouïe », Eluard salue l’adhésion de Picasso au « Parti des Fusillés » : « J’ai vu aujourd’hui Pablo Picasso et Marcel Cachin s’embrasser. »

1946

Avril : entreprenant une série de voyages en Tchécoslovaquie, en Italie, en Yougoslavie et en Grèce avec Nusch, Eluard s’engage sans relâche dans une activité militante : il fait des tournées de conférences, donne des lectures de poèmes.

28 novembre : Nusch succombe à une hémorragie cérébrale alors qu’Eluard séjourne à Montana-Vermala en Suisse depuis une semaine pour des raisons de santé. Sa mort subite l’anéantit.

1947

16 juin : Le temps déborde, sous le pseudonyme de Didier Desroches, comprend 24 poèmes répartis en deux groupes entre lesquels se situe la mort de Nusch dont Eluard précise la date par un alexandrin. Le recueil est dédié « À J[acqueline] et A[lain Trutat], qui ont tout fait pour dissiper la nuit qui m’envahit ».

1948

Avril : Voir, recueil comprenant des reproductions de peintures et dessins accompagnés de poèmes consacrés aux peintres. La sortie de ce livre est marquée par une exposition, à la galerie du Pont-Royal, des œuvres reproduites dans l’ouvrage.

Eluard et Picasso assistent au Premier Congrès mondial de la paix à Wroclaw en Pologne.

1949

20-25 avril : Eluard participe, en tant que délégué du Conseil mondial de la paix, aux travaux du Congrès mondial qui tient ses assises à Paris, Salle Pleyel.

Mai-juin : Eluard voyage en Grèce où il rend visite aux partisans grecs. De leurs tranchées, le 10 juin, il s’adresse aux soldats de l’armée monarcho-fasciste. Son appel fut traduit en grec et diffusé par deux cents porte-voix.

Juillet : à Budapest, en compagnie de Pablo Neruda, il assiste à la commémoration du centenaire de la mort du poète Petöfi.

Septembre : il est délégué au Congrès mondial de la paix à Mexico. Il y rencontre Dominique Lemor, qu’il épousera en 1951.

1950

Avril-mai : Eluard et Dominique voyagent en Tchécoslovaquie, en Bulgarie et en URSS.

1952

Février : à Genève, Eluard prononce une conférence sur le thème La poésie de circonstance.

25 février-4 mars : En compagnie de Jean Hugo, Eluard se rend à Moscou pour la commémoration du 150e anniversaire de la naissance de Victor Hugo et le centième anniversaire de la mort de Gogol. Il y prononce plusieurs allocutions, notamment à l’Institut Gorki et à la salle des colonnes.

Août : en vacances à Bénac en Dordogne, il travaille au poème Le Château des pauvres, mais, dans les premiers jours de septembre, une crise d’angine de poitrine contraint Eluard à un retour précipité à Paris.

18 novembre : Eluard succombe à une nouvelle crise cardiaque.

22 novembre : Obsèques de Paul Eluard au Père-Lachaise.